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Chateaubriant – 22 octobre 1941

par | 23 Oct 2022 | Divers | 0 commentaires

Exécution de 27 otages dont le jeune communiste,

Guy Môquet (âgé de 17 ans)

Le mercredi 22 octobre 1941, à Châteaubriant (Bretagne), les Allemands fusillent 27 détenus ; dont le jeune Guy Môquet, alors âgé de 17 ans. Ce dernier s’était engagé dans les Jeunesses Communistes durant l’été 1940. La fusillade est ordonnée en riposte à l’assassinat le 20 octobre du commandant allemand de Nantes, Karl Hotz. C’est à Nantes, que le militant communiste, Gilbert Brustlein, passe aux actes. Le 21 octobre, à Bordeaux, c’est un conseiller militaire allemand, Hans Reimers, qui est abattu par un autre résistant communiste, Pierre Rebière. C’est sur ordre du Parti communiste français clandestin que ces attentats sont perpétrés.

À Paris, le Général Otto von Stülpnagel, ordonne aussitôt de faire exécuter 50 otages pour l’attentat de Nantes et autant pour celui de Bordeaux en application de l’ordonnance du 28 septembre. Le mois qui précède le même général avait fait exécuter 15 otages. 27 noms sur une liste de 61 détenus du camp d’internement de Choisel-Châteaubriant est fournie par les Services de Vichy du Secrétaire d’État à l’Intérieur Pierre Pucheu ; et parmi eux selon ce dernier il choisit les internés communistes jugés « particulièrement dangereux ».

Le Général Otto von Stülpnagel ordonne de fusiller le même jour 16 otages nantais sur le champ de tir du Bêle, près de Nantes, et 5 otages au Mont valérien : André Le Moal (17 ans) et d’autres gaullistes de vingt ans ou moins (Jean-Pierre Glou, Frédéric Creusé, Jean Grolleau, Jean Platiau, Maurice Allano…) dont les noms ont été oubliés.

Le 22 octobre, en début d’après-midi, les Allemands assistés d’un lieutenant français réunissent les otages dans les baraques du camp de Choisel-Châteaubriant. Ils ont trente minutes pour écrire une dernière lettre à leurs proches. Ils montent dans les camions qui les attendent en chant l’hymne national ; la Marseillaise. Ils se dirigent vers la carrière de la Sablière, à deux kilomètres du camp. Refusant de se faire bander les yeux, ils font face aux 90 SS du peloton d’exécution, 9 poteaux. Les victimes meurent en chantant jusqu’au bout la Marseillaise. Parmi elles, des militants connus…, et Guy Môquet. Son père est Député communiste.

Le jeune Guy Môquet est arrêté le 13 octobre 1940 lors d’une distribution de tracts à la Gare de l’Est par trois policiers français dans le cadre de l’interdiction de la propagande communiste contre l’effort de guerre.

En tout sont fusillés 31 communistes et 17 non-communistes, y compris les martyrs de Châteaubriant. Le commandant militaire allemand de Bordeaux ordonne d’exécuter 51 détenus bordelais. Ces derniers sont fusillés les 23 et 24 octobre au camp de Souges.

L’Histoire de France retiendra cette émouvante Lettre de Guy Môquet lue par le Président Emmanuel Macron.

Ce jeune fils de France, reste pour la Nation, pour la Résistance, contre le nazisme et le fascisme ; et enfin pour le Parti Communiste un symbole de la lutte pour la liberté.

Il écrit…

Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime.
Guy

*** Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !

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