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Les traditions de l’Avent et de Noël en Alsace

par | 29 Nov 2023 | Divers | 0 commentaires

Pays de traditions, l’Alsace présente des traditions enracinées au cœur d’une région et d’un peuple depuis des siècles.

Tout d’abord, la « couronne de l’Avent » symbolise la période précédant Noël. Après la Fête du Christ-Roi et proche de la Saint André, débute la période des Quatre dimanches marquants l’Avent. Ornée de quatre bougies qui figurent l’Attente de la naissance du Christ comme symbole d’espérance et de lumière. Chaque dimanche on allume une bougie supplémentaire. Les couronnes sont confectionnées de branches de sapin, de bâtons de cannelle, de rondelles de citron ou d’orange… Certains Alsaciens en mettent également une plus simple sur leur porte (aux Etats-Unis cela se fait beaucoup ainsi que dans beaucoup de pays scandinaves ou d’Europe centrale).

Saint Nicolas, fêté en Alsace et en Lorraine (à Saint Nicolas de Port, par exemple) reste un mythe pour les enfants, qui mettent leurs bottes devant la porte afin que Saint Nicolas, Patron des écoliers, leur apporte le 6 décembre des friandises ainsi que les fameux pains d’épice gorgés de miel, et des clémentines. Le “Männele” en brioche est aussi l’un des symboles de la fête. Sa légende veut que le saint ait ressuscité trois petits enfants qui étaient venus demander l’hospitalité à un boucher. Celui-ci les accueillit et profita de leur sommeil pour les découper en morceaux et les mettre dans le saloir. Sept ans passèrent, et voilà que l’évêque de Myre passe dans le village et demande au boucher de lui servir ce petit salé vieux de sept ans. Terrorisé le boucher prit la fuite et Saint Nicolas fit revenir les enfants à la vie. Il y a plusieurs légendes qui sont attribuées au saint évêque. Le Père Noël (Santa Claus) lui a ravi quelques aspects de sa vêture…

Le Bien parfois fréquente le Mal ou les mélange quelques fois… Les personnages de Christkindel Père FouettardHans Trapp. Ces personnages font partie des Fêtes et de la magie autour de Noël. On associe à l’image du Christkindel une jeune femme douce tout de blanc vêtu et représentant la féerie des nombreuses légendes alsaciennes. Elle est souvent accompagnée du père fouettard ou du Hans Trapp afin de faire peur aux enfants. Une histoire vraie inspirée de celle du terrible châtelain de Wissembourg Hans von Trotha. Il avait pour coutume, à l’approche de Noël, d’emporter les enfants pas sages dans un sac et de les fouetter s’ils ne connaissaient pas leurs prières. Ces personnages légendaires qui disparaissent de plus en plus de l’environnement traditionnel avaient pour objectif d’effrayer les enfants, et d’en faire des anges dans cette période de l’Avent.

Les marchés de Noël. Fin novembre et début décembre, les villes et villages d’Alsace organisent les marchés de Noël. Ils sont composés de petits chalets de bois, et sont installés sur la Place centrale. Auparavant, on ne les trouvait que dans les grandes villes, mais aujourd’hui ils illuminent les campagnes alsaciennes – et souvent lorraines. On y trouve souvent des crèches vivantes et des représentations autour des légendes de Noël.

Se réchauffer autour d’un vin chaudun condensé d’épices et de vin d’Alsace dans un seul verre. De grandes marmites sur les stands des marchés de Noël rassemblent les curieux, les habitués et les frileux attirés par les effluves d’anis et de cannelle. Originellement préparé à base de Riesling ou de Pinot blanc, ou encore de vin rouge. Il est aromatisé avec de la cannelle, des étoiles d’anis, des clous de girofle et des zestes d’orange. C’est le rendez-vous des amis entourés des belles guirlandes et lumières de Noël !!! Les illuminations participent aussi de cette ambiance de fête et de « magie » associée à Noël. Les plus petites communes ne sont pas en reste, et veulent avoir elles aussi de belles décorations comme à Strasbourg ou à Colmar. Les maisons particulières (souvent) à colombages réalisent également des exploits en décorant leurs foyers de mille feux. « a Gleckliches Wihnachte ! », « Scheena Wiahnachta ! », « Àlles güeta fer s nèia Johr ! »

Sélestat, berceau du sapin de Noël

En Alsace, et plus particulièrement à Sélestat, le sapin de Noël tient une place de première importance. Il nous faut nous rendre à la très belle et magnifique Bibliothèque Humaniste pour découvrir la première mention écrite de l’Arbre de Noël.

En 1521, le comptable de Sélestat inscrit dans le Livre des Comptes de la ville une mention qui restera dans l’Histoire. Il fait état d’une dépense de 4 schillings pour rémunérer les gardes forestiers, chargés de surveiller les sapins de la forêt communale. Les habitants de la ville pourront prélever gratuitement un sapin, afin de le décorer « comme cela se pratique depuis des temps immémoriaux… ». Cet Arbre de Noël, qui, à l’origine était suspendu à une poutre du plafond avant de se retrouver posés sur le sol. Il était habillé d’une parure naturelle et gourmande faite de pommes rouges, rappelant le fruit de la tentation, et d’hosties, figurant la rédemption. Au fil du temps, les pommes et les hosties ont cédé leur place à des friandises : bredele, gaufres, pains d’épices et confiseries en tout genre sont venues garnir les branches du sapin. Aujourd’hui, sujets en bois, verre, céramique ont remplacé les douceurs sucrées. A Sélestat, chaque année divers sapins suspendus au plafond dans la nef de l’église comme à leur origine.

Le Grand Sapin de Strasbourg érigé sur la Place Kléber. C’est à cet endroit que se réunissaient les vendeurs de sapins. Le majestueux sapin du haut de ses 30 mètres de hauteur lui donne une renommée à travers l’Europe.

A Ungersheim, l’Ecomusée d’Alsace, présente les coutumes d’autrefois. À Noël, il vous propose un atelier de confection de décorations de Noël. Profitez du savoir-faire des artisans pour apprendre à fabriquer des éléments à suspendre à votre sapin, dans le respect des traditions d’antan.

La gastronomie alsacienne à Noël

La période de Noël en Alsace est riche en tradition culinaire, et de nombreuses spécialités typiques y sont réalisées. Les fameux « bredele » de Noël (http://www.lacuisinedemarthe.com), mais également les « lekerle » (espèce de pain d’épice), et n’oublions pas le fameux « christstollen » qui est le pain de Noël (à base de raisin secs et de marzipan).

Dès le mois de novembre et jusqu’à Noël, ces petits gâteaux sont réalisés par les familles Alsaciennes. Leur origine remonterait à l’époque romaine et celtique. Réalisés avec de la farine et du miel à base de pains d’épices ils servaient comme offrande à leurs dieux. Les premiers moules à bredele datant du XIVème siècle, ont été retrouvés au bord du Rhin : Mandelbari, spitzbuben, étoiles à la cannelle… Le mot « bredele » vient de l’allemand « Brot », signifie « pain ». Littéralement, les bredele sont donc des « pains de petites tailles », et les Winachtsbredele, sont des « petits pains de Noël » ou petits gâteaux de Noël. Ils sont différents dans le Haut ou le Bas-Rhin.

N’oublions pas que dans cette période la Communauté juive célèbre également la Fête de Hanoucca !

Rite du souvenir, une évocation de l’Histoire d’Israël. La Communauté juive se prépare, elle aussi, dans « une sorte d’Avent d’Israël » au cœur du doute, du froid et du souvenir de l’exil. Hanoucca n’est pas « le Noël des Juifs » ! Hanoucca, au cœur de vieilles bâtisses, au rez-de-chaussée des maisons, devant la porte, et surtout devant la fenêtre où on laisse transparaître les petites langues de feu de la du chandelier de Hanoukiah ressemblant à la Ménorah mais comptant plus de branches. Chaque soir une bougie supplémentaire est allumée proche de la fenêtre comme témoignage pour soi et pour le monde. On y chante l’hymne « Maoz Tsur », qu’il prononçait en bon Juif ashkénaze « Moaus Tsour Yeshouossi ». Célébrer ce feu qui résiste et persiste. Éclosion de la lumière intime, d’une clarté cachée qui revient au milieu du froid, et qui redit à la fois la joie et l’espérance. Temps des cadeaux (surtout aux enfants) où l’on savoure en famille la joie douce des retrouvailles dans un foyer uni par la foi et la lumière qui réchauffe les cœurs, et redonnent envie de repartir… Des fruits secs, des gâteaux au miel, des épices, des biscuits, des beignets…, des spécialités alsaciennes juives typiques à savourer sans retenue.

« Au fond de la froidure et de la nuit d’hiver
Surgissent en nos foyers de petites lumières
Qui nous font le clin d’œil d’une lueur d’espoir
Pour nous faire oublier que déjà c’est le soir
Bientôt refleuriront les roses du printemps
Et ces petites flammes en sont l’annoncement »

C’est donc toute une communauté de vie en Alsace-Lorraine, que l’on soit chrétiens ou juifs, attirés par la lumière et distants de la foi, que l’o soit de quelque communauté que ce soient, que ces fêtes de fin d’année soient un moment de paix et de concorde en plein milieu de l’hiver, du froid, de problèmes économiques…, et de la guerre.

Cette année particulièrement, nous n’oublierons pas l’ensemble des enfants meurtris par la faim et le froid. Nous n’oublierons pas ces enfants d’Israël assassinés qui ne fêteront pas Hanoucca… Nous n’oublierons pas non plus les enfants palestiniens de Gaza sous les bombes, et qui ne célèbreront pas non plus dans la lumière ces fêtes de fin d’année. « Fête des Saints Innocents » avant l’heure qui frappent les populations civiles, les familles, et tous ceux qui n’ont jamais demandés d’être au cœur de l’horreur. Puisse ces fêtes donner à chaque famille sur cette « Terre Promise », à chacun l’espoir d’une paix juste, et des horizons réels et féconds qui pousseront chacun à trouver enfin une vie à partager les uns à côté des autres… Dieu pourra peut-être faire ce que les Hommes sont incapables de faire en ne sachant pas poser des actes pleins d’espérance !

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/hanouka-alsacien-1384955.html

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