L’« autre » comme miroir
Paul RERAT,
Un jeune étudiant de l’ICD/IGS (Paris), un Master 2 en poche part à la découverte du Monde… DE la BRED aux chemins de l’Amérique latine.
Dans une interview au magazine Le Point (publié le 6 mai 2017), Sébastien de Courtois évoquait la marche et la rencontre d’autrui :
« Loin des passions et des peurs engendrées, la rencontre avec autrui est un bouleversement. Encore faut-il s’en donner la peine. Il peut être intérieur et social. Un « autre » physique mais aussi religieux, au sens adogmatique de ce qui nous « relie », sans frontières, sans distinctions de langues et de cultures. Des règles d’hospitalité se mettent en place, instinctivement. Miroir de nous-mêmes, nous pratiquons la rencontre sans avoir besoin de la théoriser, son substrat étant l’humanisme le plus intégral, le plus inclusif. Nous ne sommes rien sans les autres, sans le monde. Ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’un élan vital. La rencontre demeure un rempart contre l’égoïsme, contre notre propre diminution morale, contre nos démissions successives et nos lâchetés. Depuis que je mélange mes pas à la poussière du monde, je n’ai jamais cessé de l’expérimenter. Je pourrais mentionner Jacques Lacarrière, Nicolas Bouvier, ou encore Lawrence Durrell comme des mentors en littérature, mais plus certainement en humilité. Pour un écrivain, il n’y a rien de plus absurde que la parole raciste, surtout quand elle se libère aussi rageusement depuis des mois en France, avec le sourire du diable, avec la fausse légitimité de la colère, avec la prétention de parler au nom des « autres » justement, alors qu’il s’agit du contraire. J’ai eu la chance de comprendre assez vite que le voyage était essentiel à mon équilibre. Une liberté qui m’a valu diplôme. De ces traversées du monde il me reste en mémoire le visage d’êtres souriants, des hommes et des femmes croisés au cours de mes voyages (…) ».
Après la lecture de son dernier livre, j’ai fait un lien avec un jeune étudiant, sémillant, séduisant de candeur, d’envie d’ouvrir des horizons nouveaux. Il choisit de laisser là ces études achevées à l’ICD/IGS, et son lieu professionnel la BREND – Agence de l’Opéra pour l’Amérique Latine. Le sous-continent sera le prélude à d’autres voyages en Afrique, au Proche et Moyen Orient, en Asie… plus loin sur la route de la soie.
Lors de la soutenance de Master 2 à l’ICD/IGS, mon confrère William MPAN et moi-même avons été saisis par ce jeune étudiant brillant et simple à fois. Un de nos étudiants. A la fin de sa soutenance et de sa excellente présentation nous avons jugé bon de lui dire les mots suivants : « Votre présentation est séduisante, classique et bien menée. Bonne élocution. Nous soutenons à 1000% votre projet à venir, vos intérêts pour le Monde et la solidarité dans lequel vous pouvez vous investir pleinement auprès d’une ONG, de l’AFD. Vous croiserez ainsi vos compétences indéniables techniques et bancaires, de compréhension du secteur bancaire et votre cœur. Bravo ! L’IGS/ICD aura été heureux de vous avoir accompagné à faire naître ce beau projet pour le Monde ! Bon travail. Merci beaucoup, et bonne continuation ! »
« Je suis actuellement à Mexico pour commencer mon voyage de six mois, allant du Mexique à la Bolivie, sans prendre l’avion. Ce projet me tient à cœur depuis le début de mes études supérieures.
Mon objectif est de découvrir de nouvelles cultures et de sortir de ma zone de confort. Plutôt que de me contenter des points de vue diffusés par les réseaux sociaux ou la télévision, je souhaite explorer le monde différemment, en sortant des sentiers battus. Ce voyage me permettra non seulement de mieux comprendre comment vivent les populations dans des pays moins développés, mais également d’observer directement les impacts du réchauffement climatique sur ces régions.
Je suis convaincu que cette expérience me permettra d’apprécier davantage la chance que nous avons de vivre en France, tout en me sensibilisant aux défis auxquels sont confrontées d’autres parties du monde. Cette envie de voyager me vient de la grande chance que j’ai eue de pouvoir voyager avec mes parents dès mon plus jeune âge.
Ces expériences m’ont ouvert les yeux sur la diversité du monde et m’ont fait réaliser l’importance de s’ouvrir à d’autres cultures. Pour moi, il est essentiel de voir au-delà de nos frontières pour mieux comprendre les réalités des autres et enrichir notre propre vision du monde. J’ai également pris conscience que le modèle français, que nous considérons souvent comme une référence, n’est en réalité qu’une façon de vivre parmi tant d’autres. Chaque société a ses propres valeurs, ses propres structures, et il est primordial de les découvrir pour vraiment saisir la diversité humaine.
J’ai été très occupé ces derniers temps, et j’ai du mal à avoir du réseau partout. Je suis actuellement sur le Lac Atitlan au Guatemala, et je m’apprête à partir pour Xela. Je découvre ce nouveau pays très différent du Mexique par sa culture et je suis très étonnée par la pauvreté qui règne dans ce magnifique pays montagneux. En termes de paysage et de culture ce pays est tellement riche et la population y est adorable et très accueillante.
Je rencontre beaucoup d’autres voyageurs avec qui je partage des petits bouts de chemins. Il est plus difficile de se déplacer au Guatemala qu’au Mexique, le pays est nettement plus pauvre et moins développé mais la vie coute pourtant plus chère. La semaine prochaine je compte faire l’ascension du volcan Fuego pour y observer des éruptions.
Je tiens à vous remercier pour l’attention que vous portez à mon projet, cela me motive dans mes choix. Bien à vous. Paul RERAT »


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