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Fête de la Saint-Louis 2025

par | 24 Août 2025 | Divers | 0 commentaires

Des flonflons et des jeux sans qu’un avenir soit assuré pour les Sétois

La 281ème édition de la Fête de la Saint-Louis, à Sète (34), se déroule en ce moment même du 21 au 26 août 2025. Depuis 1743, la Fête de la Saint-Louis rythme la fin d’été à Sète. 

L’île singulière, chère à Paul Valéry et à Georges Brassens, est à l’honneur pendant six jours. « La Saint Louis » est un rendez-vous incontournable mêlant traditions locales et diverses animations comme les joutes languedociennes. Elle attire chaque année des milliers de visiteurs…, un moment de communion et de traditions populaires.

La Fête patronale à la gloire de Louis XIV, fondateur de la ville le 29 juillet 1666, rend hommage au patrimoine maritime, aux traditions et aux joutes qui font la richesse de la ville ; et principalement autour du Cadre Royal (Canal royal). La Révolution ne permet pas aux fêtes d’être célébrées. Elles seront remises à l’honneur en 1806 par Emile Doumet, alors Maire de Sète. En 1853, il souhaite rehausser la fête en associant la création de la ligne de chemin de fer Cette-Toulouse. Ainsi, on assiste depuis plus de 300 ans au même protocole (valse des barques, défilés, habits traditionnel. Le 25 août, le tournoi des poids lourds sera le point d’orgue de cette semaine de festivités en célébrant le vainqueur des Joutes de la Saint-Louis.

Dans le « Dictionnaire du parler sétois » vivant et coloré de Raymond Coves nous trouverions certainement des expressions pour tous les jours, et pour toutes les heures qui accompagnent les heures de « La Saint Louis ». On ajoutera à ce dernier le « Dictionnaire sétois de la mer : Agrémenté du lexique du Quartier haut » de Philippe Fassanaro.

Le Maire par intérim de Sète Hervé Marquès, siégeant suite à la démission de François Commeinhes condamné par la Justice, a rappelé l’importance de ce moment pour lui, puisqu’il vivait sa première Saint-Louis en tant que Premier magistrat de la Commune : “Me voilà, le cœur battant, à ouvrir pour la première fois, en tant que Maire de Sète, notre fête la plus chère : la Saint-Louis”. Dans son discours, il a  souligné l’attachement profond des Sétois à cette tradition : ” Chaque année, à la même époque, un frisson unique parcourt notre belle ville. Ce n’est pas seulement le son des hautbois et des tambours qui résonne dans nos rues. C’est bien plus profond : c’est l’âme de Sète qui s’exprime. C’est ce lien que nous portons depuis l’enfance, transmis par nos parents, nos grands-parents, par tous ceux qui nous ont précédés sur ces quais. C’est une passion, une fierté, un héritage”.

Un héritage ? Une fierté ? Une fête populaire de communion ? Tout cela sonne parfaitement pour les touristes et les Sétois mordus, et fidèles très investis dans la célébration de « La Saint Louis ». Au fil des années, la Fête de « La Saint Pierre » (fête des Pécheurs et des disparus de la Mer célébrée en juillet), comme La Fête de « La Saint Louis » se sont vidées peu à peu de leur contenu populaire et familial. Bien sûr, il n’est pas bon de dire comme Sétois un autre point de vue qui viendrait heurter la ferveur de la ville…; et encore moins si vous n’êtes pas de Sète. Peu importe l’endroit que l’on vienne, et même si on est un Sétois de plusieurs générations on ne critique pas « La Saint Louis ». On accepte ou l’on s’en va… C’est ce que font d’ailleurs beaucoup de Sétois, et de non Sétois, qui évitent la ville durant cette semaine de joutes, de beuveries, de déjections de toutes sortes, de musique à tout va ne permettant pas aux familles, aux enfants de se retrouver justement autour d’animations qui favoriseraient la communion, qui mettraient comme jadis davantage les Quartiers à l’honneur, et les fêtes qui leur étaient associées. Pourtant la ville de Sète a été patiemment et systématiquement abîmée dans son patrimoine immobilier, culturel, traditionnel, festif, et de cohésion sociale depuis des décennies. La descente commence avec le Maire Yves Marchand, et depuis n’a cessé sa course vertigineuse descendante, et terriblement efficace dans la déconstruction de la ville. La destruction de l’Esplanade centrale (Place Aristide Briand), et l’enlèvement de son kiosque ancien en est certainement l’exemple le plus marquant succédant au saccage en règle de la Crique de la Corniche à proximité de la Crique de l’Anau, et ce déjà à l’époque des mandats antérieurs. « Christophe Lalia Président du collectif Bancs Publics, avait dressé en novembre dernier un constat sévère : il ne s’agit plus simplement d’une opposition à un projet d’urbanisme, mais d’un combat contre ce qu’il décrit comme une dérive systémique. Le contraste entre les valeurs républicaines affichées sur le fronton de l’hôtel de ville et la réalité perçue par les citoyens n’a jamais été aussi marqué (…) Avec ce qu’il qualifie de politique destructrice de la majorité Commeinhes, Christophe Lalia a réaffirmé son engagement : « nous faisons de la politique citoyenne, de la politique au quotidien. » Il a aussi souligné la nature inclusive et participative de la lutte que mène Bancs Publics pour défendre le bien commun. L’eau incarne la vie, le lien communautaire et le respect de la nature. »

(Source : https://plurielle.info/a-sete-nous-vivons-sous-le-regime-du-mensonge-du-mepris-et-de-lagressivite-lance-christophe-lalia/).

Le Centre-ville, lui, reste dans cette désolation tandis que les flonflons se font entendre un peu plus bas en descendant la rue du Général de Gaulle.

Festoyant, et donnant des Jeux vides d’un contenu familial, culturel, traditionnel dans le bon sens du terme comme cela a été durant le mandat du maire François Liberti, la ville s’est appauvrie. La fête, l’alcool et les bières vendues dans les bodégas, la fête à outrance comme dans beaucoup de villes et villages du bas Languedoc est une plaie. Elle favorise la venue de personnes de l’extérieur, des touristes demeurant dans notre ville, le portefeuille de ceux qui y trouvent un moyen rapide et efficace d’augmenter leur pécule, et enfin en flattant l’orgueil des Sétois. Pourtant, il n’y a là aucun orgueil à avoir.

Saint Louis de France, Louis IX, prompt à rejoindre les Croisades depuis Aigues-Mortes, et à rendre la Justice sous un chêne (belle image d’Epinal), fut l’image du roi preux, valeureux et très chrétien. Le Roi Soleil ne pouvait comme étant son successeur lointain n’être que flatté d’être associé à cet aïeul ! La fête a perdue complètement son aspect religieux, comme pour « La Saint Pierre ». Un défilé et une Messe aussi baroque, entendue et vidée de son aspect profondément religieux est pourtant célébrée. Les Curés successifs semblent s’en satisfaire alors qu’il aurait fallu proposer une autre Pastorale à la Paroisse, et à la ville d’autres animations annexes. Des traditions sans la Tradition. De la culture sans Culture. Une communion excluant familles et personnes âgées. Le Maire en célébrant de la sorte la fête fait en quelque sorte oublier l’activité municipale à la dérive, la gestion calamiteuse de la ville en lui offrant pas un véritable avenir. La majorité des Sétois eux-mêmes, ne semblent pas concernés par ce sujet puisque seule la fête du moment prime… ; mais elle ne dure pas dans le temps ! Quelle citoyenneté ? Quelle participation démocratique ? Quelle véritable parole donnée aux citoyens tandis que l’on a semblé un temps devoir fermer les portes de la Mairie pour que les Conseils municipaux soient tenus à huis-clos ? La gloire passée de Sète serait-elle seulement au bout des épures et des pavois ? « c’est l’âme de Sète qui s’exprime » s’est écrié ces jours derniers le Maire actuel de Sète. Quelle âme, Monsieur le Maire, vous qui avez participé à la précédente municipalité ?

Le réveil sera sans doute un peu rude à l’occasion de des prochaines échéances municipales en proposant trois projets pour la ville. Celui d’une Gauche désunie et affaiblie, qui cherche un nouveau souffle pour écrire « une nouvelle page pour la Ville de Sète ». « Quelle crédibilité ? Quelle solidité ? Quelle confiance ? Quelle dynamique pourrait avoir l’union des forces politiques à gauche si celle-ci n’est pas inscrite dans les mobilisations citoyennes et sociales ? » (François Liberti) Celui de la Droite municipale condamnée, et fleurtant avec les couches les plus réactionnaires de la ville craignant qu’un troisième projet soutenu par le Rassemblement national vienne lui damer le pion. Rien de réjouissant pour l’avenir… Mais laissons la fête aux Fêtards, et espérons que les Sétois auront à cœur d’écrire de nouvelles belles pages pour que leur ville soit inclusive, dynamique, égalitaire, sociale et ouverte sur le Monde et la Méditerranée. Les enjeux économiques, sociaux, culturels et sociétaux seront ceux qui arbitreront non plus la fête mais l’avenir de Sète… Qui donc sera agréé demain, et qui sera escampé ? Les urnes le diront… En attendant essayons le mieux possible de célébrer notre ville !!!

Patrice SABATER

Fête de la Saint Louis 2025 – https://www.youtube.com/watch?v=oTyvzKlitjQ&t=1s

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