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L’évolution de la Turquie en 21 ans de vie

par | 14 Déc 2024 | Divers | 0 commentaires

Troisième et dernier volet du regard sur la Turquie aujourd’hui par Nathalie RITZMANN (Journaliste indépendante et photographe)

21 ans de vie en Turquie m’ont donné l’occasion de voir comment évolue ce pays à tous points de vue ainsi que  sa société.

Dans de nombreux domaines, il y a eu des avancées importantes :

Le transport :

Que ce soit à Istanbul ou Izmir, les transports en commun se sont développés et des chantiers de taille continuent encore. À Istanbul, tramway, métro sur les deux rives, le Marmaray qui relie les deux continents en passant sous le Bosphore, le funiculaire de Kabataş font partie de ces transformations de taille.

À Izmir, le tramway est apparu sur les deux côtés du golfe et les lignes de métro se sont considérablement allongées, on attend avec impatience celle qui va relier le centre à Buca qui en a bien besoin.

Dans le reste du pays aussi, sur les 59 existants aujourd’hui, de nombreux aéroports ont été créés aux quatre coins du pays (Sabiha Gökçen à Istanbul en 2009, Şanlıurfa en 2007, Batman en 2010, Ordu en 2015, İstanbul airport en 2018), le TGV turc dessert plusieurs villes du pays (Eskişehir, Konya, Ankara), de nouvelles lignes de trains ont été ouvertes, de nouvelles autoroutes ainsi que des ponts et des tunnels qui font gagner un temps de transport important ont vu le jour.

La santé :

De nombreux hôpitaux publics ont été créés ces dernières années et le nombre d’établissements de santé privés est, je dois dire, assez vertigineux. En 2003, à mon arrivée,  il n’y avait pas d’accord entre la Sécurité Sociale turque et les hôpitaux privés, à présent nombreux d’entre eux sont conventionnés et permettent ainsi un accès plus important aux soins pris partiellement en charge par l’Etat.

L’enseignement :

Là aussi, la multiplication des universités, notamment privées, est de taille. Le public n’est pas forcément en reste, je pense notamment à l’Université-pilote Bakırçay située près d’Izmir et visitée récemment qui est particulièrement intéressante quant aux innombrables possibilités offertes auprès des 8000  jeunes qui ont la chance d’y être.

Comme malheureusement dans la majorité des pays dits développés, le capitalisme s’installe de plus en plus ici aussi avec son lot d’effets négatifs :

Le petit commerce a de plus en plus de mal à tenir le coup face aux chaînes de discounters et de supermarchés et hypermarchés ; je pense notamment à un ami épicier de la merveilleuse petite ville de Kemaliye en Anatolie qui a vu arriver d’abord 1 discounter puis un second, alors que lui défend les productions locales mais qui forcément ont un coût plus élevé.

Les artisans perdent aussi du terrain et certains métiers manuels sont en voie de disparition, les jeunes ne voulant plus se diriger vers de telles voies, privilégiant de hauts revenus en travaillant moins… comme partout.

Le tourisme :

2010, Istanbul capitale culturelle européenne a été un tournant pour la ville, offrant une ouverture et une communication au monde du pays tout entier.

Plus tard, le mouvement protestataire de Gezi et bien plus encore le terrorisme qui a sévi, notamment à Istanbul, en 2015, 2016 et au début de 2017 ont fait beaucoup de mal à ce secteur et au pays tout entier, sans parler bien sûr de la Covid 19… qui, de toute manière, a affecté la planète entière.

Depuis, le tourisme est à nouveau en progression mais n’est plus le même. Les groupes européens sont bien moins présents tout comme le tourisme individuel venu d’Europe. Les visiteurs asiatiques et des pays du Proche et du Moyen-Orient sont maintenant plus nombreux.

Les croisiéristes sont revenus en masse, notamment cette année à Izmir, mais il semblerait que la donne va de nouveau changer en 2025 pour la 3ème plus importante ville de Turquie…

Les minorités :

2023 a vu l’ouverture de la première église construite durant la République, en l’occurrence l’église syriaque de Yeşilköy. La reconnaissance de la langue et de la culture kurde en 2009 ou encore les commémorations sur les événements concernant les arméniens en 1915 n’avaient jamais été autorisées avant 2010…

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Si indiscutablement une partie d’Istanbul a perdu, selon moi, beaucoup de son âme en 21 ans, il reste encore de nombreux coins et recoins tant dans la mégalopole que dans le reste du pays qui ont su préserver la richesse de leur patrimoine passé, je pense notamment à Bergame, Tire, Safranbolu pour ne citer que ces trois villes…

Bien entendu, on peut critiquer beaucoup de choses… et dans tous les domaines. Pour ma part, je préfère laisser ça à d’autres et plutôt découvrir et partager un maximum d’informations  positives, et heureusement, il y en a…

À mes yeux, la plus grande richesse de la Turquie, ce sont ses habitants, leur chaleur, leur gentillesse, leur hospitalité, leur capacité à rebondir et à être solidaire… J’espère de tout cœur que les jeunes générations ne se laisseront pas aveugler et perdre par l’individualisme et l’appât du gain et du pouvoir…

© Nathalie Rizmann

Décembre 2024

Site de Nathalie RITZMANNhttp://dubretzelausimit.over-blog.com/

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