LA CONSPIRATION DU CAIRE
Une critique de l’Egypte actuelle, des pouvoirs…, et d’une certaine hypocrisie… D’une critique il en sort toujours du bien; non ?!?
Le film, La Conspiration du Caire, a été tourné en Turquie et a obtenu le Prix du scénario au Festival de Cannes en 2022. Le cinéaste poursuit son œuvre de critique de la société égyptienne, des lieux de pouvoir et de l’hypocrisie qui y règne.
Le jeune réalisateur imagine une intrigue policière au sein de l’université al-Azhar – institution islamique fondée en 972 sous la dynastie chiite des Fatimides. C’est Saladin au XIIème siècle, qui en fera une université sunnite.
Le pouvoir politique a toujours vérifié qu’il n’y ait pas de note dissonante avec l’université. Cette dernière doit s’aligner sur la position commune, officielle et autorisée… « Une terre ne saurait être dirigée par deux pharaons. »
Adam (Tawfeek Barhom – jeune acteur israélien), fils de pêcheur reçoit une bourse pour étudier à l’université. A peine arrivé, le Grand imam d’al-Azhar décède. Le successeur doit être élu parmi les enseignants de l’université ; les cheikhs. S’ouvre alors une féroce guerre de succession. Le gouvernement agit de façon détournée. Pour arriver à leurs fins, un colonel le charge de se mêler aux étudiants les plus radicaux, les Frères musulmans, et d’obtenir des informations qui lui permettront d’évincer le cheikh pressenti au profit de son candidat ; le cheikh Beblawi. A-t-il vraiment le choix ? Le jeune est bientôt dépassé, et les risques sont grands de s’approche d’aussi près des salafistes.
Pouvoir obscurs, couloirs sombres, silence, intrigues, espionnage, filatures au milieu d’un monde de dévots et « d’affamés de pouvoirs ». Le film est un brûlot et une critique. Aussi, il n’est guère facile à ce jeune réalisateur égyptien de penser pouvoir aujourd’hui au Caire où sa présence n’est pas souhaitée.
Tawfeek Bar, dans le rôle d’Adam, est magnifique de simplicité, de vérité et de profondeur.
Où sont les desseins de Dieu ? Où la vérité se cache-t-elle ? La foi était-elle véritablement en jeu ???
Film suédois de Tarik Saleh. Avec Tawfeek Barhom, Fares Fares, Mohammad Bakri. 2 heures.


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